Elena VENEL
Hypnose clinique
Elena VENEL

SOPHROLOGIE - HYPNOSE CLINIQUE - THERAPIE D'ACTIVATION DE CONSCIENCE

Interview d'Elena Venel à la Société Française de Sophrologie

18 Jan 2022 Elena Venel

Elena VENEL bonjour, vous êtes Sophrologue, praticienne en hypnose clinique et en thérapie d’activation de conscience. Nombre d’entre nous vous ont remarqué sur la toile pour vos posts toujours très inspirés, puissamment poétiques et magnifiquement illustrés. Il s’en dégage une empathie, une écoute et une attention portée au vivant qui me touche au cœur, comme nombre de vos lecteurs. Cela m’a donné envie de vous rencontrer et de permettre à la communauté des lecteurs de la Société Française de Sophrologie de mieux vous connaître. Ma première question est la suivante : Eléna, en quoi votre pratique de la sophrologie inspire t’elle votre créativité ? A moins que ce ne soit l’inverse ?

Rire.

Je pense que les deux sont liées. La créativité enrichit l’accompagnement et permet de construire le chemin vers chaque personne qui vient en séance. Ce chemin est toujours différent, unique, commence par le premier pas dont le nom est l’Ecoute.

L’écoute est LA compétence à part entière dans le métier du sophrologue à travailler tous les jours.

Ce précieux outil peut être marqué par notre propre vécu, coloré par nos émotions, d’où l’importance de l’affiner au quotidien, veiller sur sa transparence et sa netteté.

Voulez-vous dire par là que l’écoute est un diapason ?

Oui, on pourrait dire que c’est le diapason qu’on à l’intérieur de soi, qui réagit au mouvement mental et sensoriel. Et comme rien n’est statique, nos savoirs aussi peuvent parfois la perturber, et pour la préserver, je pars aussi souvent que possible d’une page blanche.

Vous la mettez donc en lien avec la confiance ?

Absolument. Cette écoute commence dès la prise de rendez-vous, le moment où la confiance peut s’installer.

Vous parlez de l’écoute comme s’il s’agissait d’une matière noble et souple que l’on pouvait façonner à dessein ?

Je dirais qu’elle se vit, s’éprouve par celui qui écoute et par celui qui s’exprime. Il serait juste de dire que l’écoute demande un certain courage, comme le disait François Roustang, « d’oublier ses certitudes », oser de ne pas savoir afin de découvrir et c’est ce que j’essaie de faire et de renouveler, chaque jour.

L’écoute est un des paramètres clés de l’accompagnement, en lien avec la présence, la distance, le cadre.

Si le sophrologue sait écouter, le patient se sent entendu. Et être entendu c’est le début du changement souhaité.

Être entièrement présent est primordial, car le temps où l’on cherche dans la mémoire le protocole adapté on ne voit pas ce changement d’expression sur un visage, on ne remarque pas ce souffle qui soudain se modifie, ce mouvement d’épaule presque imperceptible qui fera la différence pourtant dans ma compréhension et le déroulement de la séance.

Il s’agit d’être avec soi-même, et avec ses compétences de sophrologue, et d’être avec la personne dans le même temps.

Tel un arbre debout se tenant entre terre et ciel il y faut un ancrage solide aussi, non ?

Oui tout à fait Judith.

La capacité de s’ancrer se travaille perpétuellement, car l’équilibre solide c’est avant tout l’équilibre souple, vivant, réajustable. Je répète souvent en séance : « La souplesse rime avec l’équilibre, tout comme la créativité rime avec l’adaptabilité ».

Elena quel est votre vision de la sophrologie ?

Le médecin travaille avec ce qui ne va pas. Je prends conscience de la problématique, et m’intéresse particulièrement à ce qui va bien, ce qui nourrit, dynamise. La sophrologie est une méthode hors pair pour se connaitre, renforcer ses ressources intérieures et, dans l’expérience de la vivance de son propre corps, devenir pleinement soi-même.

Elle est une complice par excellence dans la quête de l’équilibre intérieur et dans l’acceptation du mouvement incessant de la vie.

Quel privilège et quelle responsabilité pour le sophrologue de pouvoir accompagner la personne vers les réponses à ses questions, vers l’harmonie, vers l’autonomie !

Et comme chaque personne est différente, la sophrologie se réinvente, le cadre se reconstruit, la distance se fait juste afin de permettre de mieux voir, entendre et accompagner sans diriger.

Elena, d’où vient une telle poésie ? Comment avez-vous appris à manier les mots, à jouer de leur sens et de leurs sonorités ?

Je me retrouve totalement dans les mots de Claude Monet : « Je dois peut-être aux fleurs d’avoir été peintre. » Je m’inspire avant tout près de la nature.

Cette complicité particulière anime l’imaginaire, stimule les sens, aiguise l’intuition, reconnecte à tout le vivant.

Les immenses paysages de mon pays natal, les années passées à l’école de musique et ma passion pour les livres y sont certainement pour beaucoup aussi.

Originaire de la Russie j’ai fait mes études à l’université pédagogique où ensuite j’ai enseigné le français à la faculté des langues étrangères.

À mon arrivée en France, il y a 20 ans, j’ai obtenu une licence en lettres modernes pour avoir une équivalence.

C’est à ce moment que j’ai entendu parler de la sophrologie et j’ai pris la décision de m’y former à l’institut de sophrologie humaniste de Lille auprès de Jacqueline Baudet, Jean-Luc Godard, Madeleine Rolland, Claudia et Ricardo Sanchez et Catherine Bassereau.

Passionnée par la méthode, j’ai commencé à travailler tout de suite et très vite, en collaboration avec le corps médical.

Vous évoquez Claudia et Ricardo Sanchez, est-ce à dire que vous êtes formée en sophrologie ludique ? Quels sont vos éventuelles spécialisations ?

Effectivement je suis formée en sophrologie ludique, une excellente approche que je mets en pratique en séances individuelles et lors de mes interventions dans les écoles primaires.

Je suis également spécialisée dans la prise en charge des troubles anxieux, la dépression, les troubles du sommeil et les douleurs chroniques.

Après 8 années de pratique en sophrologie, je me suis formée à l’hypnose et aux techniques d’activation de conscience auprès de Dr Jean Becchio et Dr Pierre Lolong.

Pourquoi ces domaines de compétences spécifiquement ?

Basées sur les dernières découvertes en neurosciences l’hypnose et les techniques d’activation de la conscience aident d’une manière juste et efficace à orienter l’attention de la personne sur ses propres ressources, et, comme la sophrologie, lui permettent de s’entraîner pour devenir autonome.

Elena, comment ce métier nourrit-t-il votre créativité et en quoi est-il une source d’inspiration ?

Mon regard venu de quelques milliers de kilomètres me permet de rester quelqu’un qui découvre, explore et donc apprend.

Cette approche est extrêmement précieuse pour le sophrologue que je suis et dont le regard neuf élargit nettement le champ de vision et contribue à un travail précis et constructif.

À vrai dire je n’ai pas l’impression d’apprendre quoi que ce soit à ceux qui viennent me voir.

L’attention et l’écoute servent de faisceau de lumière dirigé sur le trésor caché, ignoré ou oublié – une capacité, un talent, une force intérieure que la personne découvre, se réapproprie et met en valeur.

C’est aussi tout le sens d’une approche humaniste, il me semble ?

Exactement. Un être humain dans sa globalité est le sujet central dans le travail de l’accompagnement.

Hannah Arendt écrivait « Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action » Elena, parlez-nous des mots, vous qui les maniez si bien !

« Il suffit d’un geste », écrivait François Roustang.

J’ai envie de continuer et dire qu’il suffit d’un mot parfois, le mot qui déclenchera un mouvement et comme une clé ouvrira une porte vers un réel changement.

Qu’en est-il alors de la langue ? Est-elle notre tour de Babel ? Quelle est votre vision, vous qui illustrez si joliment chacun de vos textes ?

Savoir trouver et mettre des mots sur son ressenti me semble capital.

Mais n’oublions pas que nous sommes des êtres créatifs ; ainsi le mot peut devenir une couleur et une phrase - une image, une métaphore.

À chaque nouvelle séance j’écoute la personne et j’apprends sa langue avec sa mélodie, son rythme et ses mots-images, les métaphores venues du patient sont toujours les plus efficaces.

Il est absolument passionnant d’être témoin de ce cheminement de la métaphore à la métamorphose.

Elena, merci pour cette merveilleuse interview. Avez-vous un mot pour conclure ?

J’aimerais reprendre les mots de Boris Vian : « Ce qui m’intéresse c’est pas le bonheur de tous les hommes c’est le bonheur de chacun ».

Merci à vous Judith pour votre intérêt et pour cette belle occasion de pouvoir parler de ce beau métier qu’on exerce.

Je tiens à remercier toutes ces personnes qui me suivent, réagissent à mes publications sur la toile et m’encouragent pour une sortie d’un livre.

Je n’ai jamais pensé écrire un jour, encore moins venir vivre dans un autre pays et devenir sophrologue.

Mais la vie n’est pas une ligne droite et si on s’ouvre à elle on découvre en soi des ressources insoupçonnées et on devient véritablement soi-même.


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